Editorial| LES ENGAGEMENTS DE FORCE OUVRIERE |
L'employeur nous annonce un très bon résultat pour l'entreprise en 2008. Il explique cette performance grâce à une politique basée sur une gestion financière, sur la mise en place des outils SAP, sur le déploiement de ses projets et aussi le management de proximité.
Pour les salariés ces résultats sont avant tout le fruit de l'intense travail fourni et de l'engagement qu'ils ont tous chez Coca-Cola Entreprise. Au-delà de ces résultats, il est important de faire un bilan de l'année pour comprendre ce qui s'est passé. Mais aussi que l'on comprenne ce que la loi sur la démocratie sociale du 22 août 2008 a comme impact pour nous tous et désormais sur les négociations entre les organisations syndicales et l'employeur.
Une année 2008 avec une mobilisation qui a fait date.
Nous sommes en avril 2008, en pleine Négociation Annuelle Obligatoire sur les salaires. L'employeur propose une augmentation générale inférieure à l'inflation prévisible sur 2008. Les salariés indignés se mobilisent avec leurs syndicats. Les revendications légitimes des salariés portent sur le pouvoir d'achat. Sur la zone Sud l'employeur attribue une prime mensuelle de 80 Euros pour certaines catégories de salariés de l'usine des Pennes-Mirabeau afin d'arrêter le mouvement de grève de cet établissement. Il met en place une prime pour répondre selon lui à une augmentation très locale du coût du logement dû à l'arrivée du TGV dans la région (voir protocole de fin de conflit disponible sur http://quoideneuf.marseille.free.fr/accords/).
En donnant cette prime uniquement pour les salariés de l'usine (de certaines catégories et uniquement embauchés jusqu'alors), l'employeur introduit une nouvelle règle non compréhensible par tous les salariés de la même région commerciale, de l'entreprise et du groupe. Les salariés de la zone commerciale Sud et les salariés des autres sites et usines ont voulu obtenir une prime équivalente y compris en bloquant complètement certaines usines.
Après plusieurs jours de bras-de-fer, l'employeur ne cédant pas aux revendications justifiées des grévistes fait intervenir les pouvoirs publics. D'un côté il accède à des demandes et de l'autre il refuse toute négociation. La Négociation salariale 2008 n'a jamais été finie pour Force Ouvrière puisque l'employeur a modifié unilatéralement le contenu de l'accord déjà communiqué après la clôture de la négociation.
Pour Force Ouvrière une négociation doit être loyale : Peut-on dire que mettre en place localement des augmentations de salaires alors que nous négocions nationalement sur le même thème soit loyal ? Force Ouvrière continuera de combattre toutes les injustices et soutiendra toute demande de progrès social.
Des plans à répétition ...
Depuis plusieurs années, l'employeur nous convoque régulièrement pour nous informer des décisions de réorganisations qu'il met en place pour assurer son développement. Pour nous, ces changements s'accompagnent soit de licenciements, soit de non-remplacements temporaires de personnel, soit de surcharge de travail. Les salariés sont stressés et ont peur pour le devenir de leurs emplois. Après le plan "Croissance", "Redéploiement" et "FINOP", l'année 2008 n'a pas fait exception avec la mise en œuvre d'un plan "RH" (pour Ressources Humaines).
Rappelons-nous qu'en 2007 l'employeur avait voulu conclure rapidement avec nous un nouvel accord de Gestion Prévisionnel de l'Emploi et des Compétences (GPEC) pour une éventualité d'utilisation qu'il disait ne pas voir dans l'immédiat. Comme pour le démentir, le premier PSE est arrivé avant la fin de cette négociation.
Les salariés constatent bien que l'employeur continue de dérouler ces plans par tranches : Mise en place de SAP (PINACLE), FINOP, plan RH, plan croissance … À chaque plan on déplore la perte d'un collègue qui avait pu devenir un copain. Va-t-il falloir inscrire les sites Coca-Cola dans "les copains d'avant" pour retrouver ce que ces salariés sont devenus ?
Nous sommes tous victimes de ces pertes de repères dans le fonctionnement de notre entreprise. L'attachement à la marque qui faisait la fierté de nos anciens se désagrège au fil des plans. Nous entrons dans une époque où l'employeur veut nous obliger à cogérer l'accompagnement des plans sociaux, soit pour mettre en place des départs négociés, soit en recasant en force les salariés qu'il déracine.
L'employeur peut-il négocier avec des syndicats en cachant ses plans ? Force Ouvrière ne peut pas l'admettre. Force Ouvrière défendra l'emploi, la formation et les conditions de travail des salariés.
Des économies, à quel prix ?
Nous avons aussi vu la mise en place d'une politique d'économies. Comment rester motivé quand l'entreprise ne vise plus que l'optimisation des coûts et nous considère dans les usines et au commercial comme des matricules qui doivent délivrer l'excellence, à tous les coups et dans le même temps ? Si on a besoin de chronométrer un changement de format dans une usine c'est bien que le temps peut être variable. Si on éprouve le besoin de mettre en avant des salariés du commercial sur des podiums ou dans des tableaux, c'est bien que le secteur de travail peut être variable.
Si vous avez un problème adressez-vous à la borne informatique au coin de l'usine, attention elle n'est peut-être pas connectée au réseau. Ou vous pouvez adresser un courriel à votre manager qui le traitera quand il aura fini de lire les 150 courriels qu'il a reçus avant. N'utilisez pas votre téléphone portable car vous risquez de dépasser le forfait et vous allez recevoir une lettre (au tarif postal). Si vous avez des échanges professionnels à avoir avec un de vos collègues, attendez d'être dans une chambre à deux lits (parfois même un grand lit) le soir au moment où vous êtes en déplacement pour une Opération Commerciale Intensive. Cette politique d'économie de frais conduit certain manager à ne plus respecter les humains que nous sommes.
Pour Force Ouvrière, tous salarié a droit au respect dans l'accomplissement de son contrat, et c'est à l'employeur à mettre à sa disposition les moyens nécessaires pour la réalisation de sa mission.
Elections Prud'homales, une catastrophe ?
Les élections prud'homales se sont déroulées le 3 décembre dernier, avec 25.5 % des inscrits qui ont voté. Que signifie cette participation ? Il faut rappeler que l'inscription des électeurs est faite par les employeurs et que nous avons en France 93.3 % des entreprises qui comptent moins de 10 salariés. Il n'est pas évident pour ces petites structures de permettre aux salariés de s'absenter et le salarié peut ne pas se sentir à l'aise s'il bloque son collègue. Cela explique que le taux de participation semble modeste.
Reste effectivement à réfléchir sur l'amélioration du Vote Par Correspondance et l'utilisation d'Internet qui pourraient offrir plus de possibilités. Le vote électronique dans l'entreprise ne pouvant pas être l'unique solution sachant que les fournisseurs de ces logiciels ne sont pas obligatoirement neutres.
Les élections, un instant de démocratie sociale dans l'entreprise!
En 2008, nous avons été nombreux à voter dans nos sites. Les salariés des zones Rhône Alpes Auvergne, Nord, Ouest, Est, Sud-ouest, le Siège et l'établissement de Clamart ont eu la possibilité de choisir ceux qui seraient leurs représentants auprès de la direction.
Seulement depuis le 22 août 2008, la loi a modifié les règles qui définissent entre autre la manière dont les syndicats sont représentatifs. Cela signifie en premier lieu que les organisations syndicales ne représentent plus uniquement leurs adhérents, leur syndicat, leur fédération ou confédération mais qu'elles doivent principalement tenir compte en premier lieu de leur électorat. Si elles veulent exister et pouvoir négocier et signer des accords protégeant les salariés, améliorant les salaires, elles doivent avoir au minimum 10 % des voix aux élections des Comités d'Etablissement.
Pour qu'un accord négocié s'applique à tous les salariés, il faut :
a) Qu'il soit signé par un ou des syndicats représentants au minimum 30 % des voix aux élections du CE.
b) Qu'il ne soit pas dénoncé par un ou des syndicats représentants 50%.
Quelle est la représentativité ?
Représentativité suite au 1er tour des élections professionnelles
des Comités d'Établissement en Janvier 2009.
Voter et soutenir un syndicat, pour quoi faire ?
Conformément à la confiance que les salariés nous renouvellent lors des élections professionnelles, nous voulons, avec eux et pour eux, préparer l'avenir.
Les accords que signent les syndicats sont la prolongation du contrat de travail signé avec l'employeur mais au niveau collectif. Le contrat garanti 1 emploi, 1 salaire et une durée indéterminée du contrat de travail.
Les accords signés effectivement par des syndicats ont pour but de :
Maintenir les salaires à niveau (NAO),
Permettre la possibilité d'évolution en fixant des règles (Classifications).
Veiller à garantir que l'employeur mette en place quand le salarié est malade l'assistance nécessaire (Subrogation, Mutuelle et Prévoyance),
Associer les salariés à la performance de l'entreprise (Intéressement) et à la redistribution des résultats (Participation),
Bâtir la future retraite des salariés (PERCO, Complémentaire, Surcomplémentaire).
Défendre les salariés cela signifie travailler de façon sérieuse et Force Ouvrière a été constante, loyale, pragmatique. Sachant qu'en face il y a un employeur et que pour obtenir, il faut s'engager, reconnaître les avancées et quand c'est nécessaire, mobiliser les salariés. Nous continuerons à négocier pied à pied et jusqu'au bout avec l'employeur.
Nous n'engagerons notre signature qu'avec la certitude qu'il n'y a pas d'interprétations possibles dans le texte de l'accord.
Nous continuerons à vous informer avec l'aide de vos élus de terrain et nos publications sur nos sites Internet qui existent depuis 1986 (http://quellenouvelle.free.fr/ http://quoideneuf.dunkerque.free.fr/ http://quoideneufgrigny.free.fr/ http://quoideneuf.clamart.free.fr/ http://quoideneuf.bordeaux.free.fr/ http://quoideneuf.marseille.free.fr/ et http://lesupplement.free.fr/) et nos nouveaux sites.
Sans vous et votre soutien nous ne pouvons pas parler en votre nom.
Si vous appréciez le sérieux de notre travail et les gains immédiats que nous obtenons dans les accords, soutenez-nous en votant pour nos listes de candidats, et rejoignez-nous en créant ou en renforçant les syndicats Force Ouvrière.
Et la Négociation Annuelle Obligatoire 2009 où en sommes nous ?
La négociation salariale 2009 (NAO) a eu lieu pour la première fois en début d'année. L'employeur a choisi cette période alors qu'habituellement, elle se déroulait en avril.
Pour 2009-2010, la conjoncture économique et sociale ne nous permet pas de faire confiance à de simples prévisions de l'INSEE. D'autant plus que nous pouvons être amenés à payer tout ce qui se passe et les choix de la politique actuellement menée.
La crise financière qui a vu le jour début 2008, à des effets sur tout et sur tous (Familles, Salariés, Retraités…). Qui n'a pas un de ses proches touché en plein coeur (chômage, réduction de salaire par la baisse de l'activité, les pertes d'acquis sociaux et de pouvoir d'achat)? Les effets sont ressentis par les salariés et les citoyens. Les gouvernements semblent incapables de juguler rapidement les effets de cette crise et aucun économiste n'ose entrevoir le bout du tunnel. C'est une crise internationale du système où les gouvernements colmatent les brèches sans encore agir sur les causes.
Après un mois de décembre jamais vu dans les annales en terme de ventes, Coca-Cola ne change pas son modèle économique basé sur la croissance. Mais il devra réagir à l'impact que cette crise va avoir sur les habitudes des consommateurs. Peut-être l'étendue dans le hard-discount pourra-t-il être mieux compris par les grands distributeurs?
Dans ce contexte de crise, nous avons pris la mesure de ce que nous pouvions négocier pour le maintien du pouvoir d'achat des salariés en garantissant une évolution des salaires de 1,7 % pour les catégories, ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise. L'employeur a convenu devant notre insistance de mettre une clause de négociation en fin d'année s'il y avait un dérapage de l'indice de la consommation INSEE.
Nous avons demandé avant d'engager notre signature quelques précisions importantes à l'employeur : Il nous a confirmé par écrit que la prise en charge de la journée de solidarité (cotisation de 0,3 % de la masse salariale annuelle) ainsi que l'octroi du jour dit " COP " sont des mesures pérennes. Si l'employeur veut nous mettre dans des accords des clauses peu claires, il est de la responsabilité des négociateurs de faire préciser ces points. Nous avons des devoirs envers les salariés et ces derniers apprécieront notre persévérance et notre combativité. Un syndicat aujourd'hui ne peut pas signer en disant nous n'étions pas au courant.
Pour Force Ouvrière, la ténacité et le dialogue sont des principes fondamentaux de la négociation. La signature d'accords d'entreprise pour qu'ils s'appliquent est notre raison d'être. Nous tenons toujours à signer de bons accords tant que la négociation reste loyale.
Merci de nous aider par vos adhésions et votre soutien lors des élections professionnelles pour maintenir notre force de négociation. Notre Force c'est vous.
Dans les établissements, nous vous aiderons et vous défendrons à la hauteur de vos votes et de votre confiance.
Dépôt CCE: 9-février-2009 |
Responsable de publication: Cyril HERBIN |
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